La psychologie d'entreprise autrement

Comment faire face au comportement inapproprié d’un collaborateur ?

En entreprise, des tensions peuvent surgir et un collaborateur au comportement inapproprié peut compromettre l'ambiance, la productivité et la qualité du travail. Il est crucial d'intervenir dès les premiers signes pour prévenir l'installation du manque de respect dans le milieu professionnel.

Qu’est-ce qu’un comportement inapproprié au travail ? 

Lorsqu’un collaborateur adopte un comportement inapproprié, cela va bien au-delà d’une simple transgression des règles établies. Cela menace également la stabilité de l’entreprise dans son ensemble.

Ce type de comportement englobe toute action ou conduite qui enfreint les règles professionnelles, les politiques de l’entreprise ou les attentes sociales acceptées. Ces attitudes, dont la gravité et la nature varient, ont un impact dévastateur sur l’atmosphère de travail, les relations interpersonnelles et la productivité. Parmi les exemples de comportements inappropriés les plus courants, on peut citer le harcèlement sexuel, le harcèlement moral, l’insubordination, le sexisme, le racisme, la discrimination, la violence, le vol, la fraude et la toxicité relationnelle.

Cependant, les comportements inadéquats peuvent être délicats à définir. En effet, ils ne se limitent pas aux actions explicitement interdites par la loi, comme le harcèlement ou la violence. Ils peuvent aussi prendre des formes plus subtiles et subjectives, dépassant parfois les normes sociales ou professionnelles acceptées. Chaque interaction implique deux individus avec des sensibilités différentes. Cela rend la perception des comportements inappropriés relative à l’histoire personnelle, culturelle, éthique ou générationnelle de chacun. Par exemple, ce qui peut sembler une conversation normale pour une personne peut être perçue comme trop familière ou intrusive par une autre.

Que dit la loi à ce sujet ?

Bien que la loi ne spécifie pas directement ce qui constitue un comportement déplacé, elle oblige l’employeur à assurer la prévention et la sécurité sur le lieu de travail, conformément à l’article L 1152-4 du Code du travail. Pour les organisations, cela représente un défi immense. En effet, il est impossible d’être constamment derrière chaque collaborateur. 

Cependant, la création d’une culture d’entreprise basée sur le respect, la communication et la sensibilisation aux comportements déviants peut contribuer à prévenir leur apparition et à promouvoir un cadre sain pour tous.

Quelles sont les conséquences du manque de respect au travail ? 

L’irrespect peut avoir des effets néfastes à la fois sur l’entreprise et sur les salariés. 

Sur le plan organisationnel, cela peut entraîner une diminution de la productivité, une augmentation du taux de rotation du personnel et une détérioration du climat de travail. Les conflits non résolus peuvent également créer un environnement toxique, affectant la cohésion d’équipe et entravant la collaboration. En luttant contre les attitudes transgressives, l’organisation montre que le bien-être de ses employés compte.

Du côté des collaborateurs, les incivilités peuvent engendrer du stress, de l’anxiété et une baisse de la satisfaction. Cela peut aussi nuire à leur santé mentale et physique, entraînant un impact négatif sur leur motivation à contribuer efficacement à l’entreprise. D’ailleurs, selon une enquête de l’institut Ginger pour le cabinet de prévention Eleas, 42 % des salariés français, sont exposés aux incivilités.

Managers ! Votre rôle est crucial face aux comportements inappropriés 

Les managers occupent une position déterminante dans la gestion des mauvaises conduites au travail. Ils sont en première ligne pour les détecter, les prévenir et les gérer. En tant que chefs d’équipe, ils sont d’ailleurs souvent confrontés à des situations d’affrontement entre les membres de leur équipe.

Reconnaissez les signes avant-coureurs 

La proximité des managers avec les collaborateurs leur confère un avantage significatif dans la détection précoce des signes. En conséquence, il est impératif qu’ils bénéficient d’une formation approfondie pour identifier ces signaux, qu’il s’agisse d’incivilité, de stress ou de tensions émergentes au sein de leur équipe. 

Aussi, une observation attentive est essentielle pour repérer les changements dans l’attitude des employés. Cette capacité à être à l’écoute des signaux peut aider les managers à intervenir rapidement pour prévenir l’escalade des conflits ou les problématiques liées aux agissements.

De plus, les outils RH peuvent fournir aux managers des données sur le bien-être et la productivité de leur équipe. Ces méthodes permettent de surveiller de manière proactive les indicateurs clés et d’identifier les tendances ou les éléments qui pourraient nécessiter une attention particulière.

Créez un environnement de travail positif

Les managers jouent un rôle prépondérant dans la création d’un cadre professionnel positif et épanouissant

Pour favoriser un tel environnement, il est primordial que les managers instaurent un cadre où les travailleurs se sentent libres de signaler toute préoccupation. Une communication bienveillante et transparente est indispensable pour détecter les problèmes et réagir au plus vite lorsque cela est nécessaire.

Par ailleurs, les managers doivent œuvrer en faveur de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) et de la prévention des risques psychosociaux (RPS). Cela implique de promouvoir des pratiques saines, de promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Mais aussi de mettre en place des dispositifs de soutien pour les employés en difficulté !

Agissez avec bienveillance et fermeté


En cas de comportement inapproprié, les managers doivent agir avec fermeté, mais également avec empathie. Ils doivent accorder une écoute attentive à toutes les parties impliquées, mener une enquête impartiale sur les incidents et prendre des dispositions appropriées pour résoudre la situation. Cela peut inclure des entretiens individuels, la médiation de conflits ou l’application de mesures disciplinaires conformes aux politiques de l’entreprise.

En outre, il est essentiel que les managers servent de modèles. Leur attitude et leurs actions influent considérablement sur l’ambiance de travail.

Et si le comportement inapproprié est grave, quelles sanctions ? 


Tant les employés que l’employeur et ses représentants ont le devoir d’adopter un comportement adéquat et civilisé au travail. En cas de non-respect de cette norme, la firme est non seulement en droit, mais aussi investi de la responsabilité d’intervenir, même en l’absence de plaintes formelles.

Le principe de gradation des sanctions est fondamental dans la gestion des actions inappropriées. En cas de récidive, il est nécessaire de mettre en place des sanctions proportionnelles à la gravité du comportement reproché. Ces mesures disciplinaires peuvent aller d’un simple avertissement verbal à un congédiement, en fonction de la sévérité de la situation.

Dans certaines circonstances, les agissements peuvent être si graves qu’ils justifient un congédiement immédiat. Toutefois, cette décision ne doit pas être prise à la légère. Il est recommandé de solliciter l’avis d’un professionnel pour limiter les risques de litige. Plusieurs facteurs peuvent être pris en compte pour évaluer la gravité du comportement : sa nature, son impact, l’intention de la personne et sa légalité. Par exemple, les actes de violence, les menaces de mort ou de blessures, ainsi que les atteintes à la sécurité sont considérées comme des actions graves et peuvent justifier des mesures disciplinaires sévères.

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